// Le phénomène Kogaru

Comme promis cette semaine je reviens sur le phénomène Kogaru.
Cette mode est né au début des années 90 à Tokyo, sous l’impulsion des grandes stars
de la J-pop de l’époque : Hamasaki Ayumi et Amuro Namie.
Je tiens tout d’abord à lever le mal entendu quant à la
traduction du terme « Kogaru ». Nous connaissons tous
les difficultés qu’ont les japonais à différencier le /l/ du
/r/, en particulier en anglais, ce qui entraîna chez
certains une compréhension erronée du terme. En effet
bon nombre de Français considèrent le mot Kogaru
comme la déformation du terme « call girl », méprise
qui à pour répercussion une vision assez péjorative
des Kogals. En effet, Ko-garu est en fait un jeu de mot.
Il est à la fois la contraction des termes ko et girl
(prononcé à la japonaise) ce qui donne donc
« jeune fille », mais fait aussi référence à Komuro,
producteur à succès d’icône J-pop, tel que Namie.
Question look, les Kogals
sont assez facilement
identifiables. C’est à elles
que l’on doit l’avènement
des looses socks (je dirais
même la création du produit
étant donnée qu’à la base,
ces adolescentes plus ou
moins rebelles portaient des chaussettes classiques
bien trop grandes pour elles
en signe de rébellion face
aux règles très strictes de
l’uniforme du collège), mais
aussi la remise au goût du
jour des minis jupes
plissées, des imprimés
léopard et hibiscus, ainsi
que des platform shoes
(atsuko butsu).


En fonction  de leur idolu favorite, les Kogals suivront un style différent.
Les fans d’Ayu, les Ayuras, conserverons une apparence physique en accord avec les
idéaux nippon, cheveux châtain (chappatsu) et teint clair ce que leur vaudra le surnom de
Gangiro (visage pale). Celle-ci changerons, comme leur idole, de look tout les deux mois  pour au final rejoindre un style que l’on qualifierait aujourd’hui de RN'B.

Quant aux fans de Namie, les Amura, leur style, lui, est nettement plus critiqué. En effet
celui-ci semble être à l’opposé des critères de beauté japonais, leur cheveux sont
décolorés du blond doré (kinpatsu) au blanc, et leur peau est
bronzée (d’où leur surnom Ganguro, visage noir) voir très
bronzée pour leur version extrême, les Yamamba. Ces
dernières ont tout particulièrement mauvaise presse, à cause
de leur maquillage blanc outrancier, leur argot « vulgaire »
ainsi que leur tenues provocantes (c’est vrai que parfois on se demande si ce n’est pas une ceinture qui leur sert de jupe).
Néanmoins bien que de nombreuse « légendes » autours des Kogarus les assimilent à des prostitués, cela n’est qu’une interprétation européenne du phénomène

 

Niveau loisirs les
Gals adorent faire du shopping, en
particulier au studio
109 de Shibuya qui
resta leur QG
jusqu’aux années
2000, le karaoké, le
nails art, le parapara
et le culte du
téléphone portable
ultra customisé
(si possible bling
bling) : le keitai
denwa.
Pour nombre
d’occidentaux la
mode Kogaru, fut
leur premier contact
avec la pop culture japonaise. En effet le coté « rebelle » et excentrique de ce style différait totalement du look « dance » des années 90 (rappel pour celle qui ont essayé de l’oublier : à cette époque
nos icônes s’appellent Gala, s’habillent en noir et blanc, et la marque Schott NYC existait
encore).
Cette mode fut un tel phénomène que des magazines lui firent entièrement consacré
(comme Eggs), ainsi que des sites de « Street Snap »qui compilent les meilleurs
représentantes du phénomène (le défunt galsoops) et même des mangas, comme le
génialissime « Gals ! » de Fuji Mihona.
Mieux encore, le premier magazine français consacrée à la pop culture japonaise en
avait même fait son nom (anecdote perso, il se sont bien marré au Japon quand on a
débarqué avec le magazine Kogaru comme bible de la mode dans les boutiques
branchées de Shibuya.)
Bien que ce look ait pratiquement disparu au pays du soleil
levant, il inspira d’autre tendances actuelles tel que les
Decoras (et oui, l’accessorisation était à la base une
spécialité Gal), les Pink Girls et les Fruits pour le côté flashy
et déjanté. De plus, ce n’est que récemment que la mode européenne s’est inspirée de cette tendance japonaise
(le bon vieil  adage « aujourd’hui au Japon dans 10 ans en
France » semble toujours d’actualité)
Enfin ce n’est pas sans émotion que je clos ce chapitre sur
les Kogarus, dernière tendance (oui cette fois c’est vrai)
nipponne sur laquelle je souhaitait revenir.

La semaine prochaine, article spéciale fêtes de fin d’années ,
je vous donnerais quelque conseils pour réveillonnais tout
en suivant la gosuloli way of life.

Pao